C'est surtout à la société nationale de musique qu'on l'entend, principalement de 1876 à 1886. Il serait malheureusement trop long de relater ici l'origine de cette société créée en 1871, au landemain de la guerre franco-prusienne. Qu'il suffise de rappeller sa devise, Ars Gallica, et de dire qu'elle eut sans contrdit une grande influence sur le rayonnement de la musique française de la fin du XIXe siècle. Non seulement Marsick s'y produira frequemment, mais il en sera sociétaire à partir de 1877, admis sur la foi de compositions qu'il a soumises. C'est aussi de cette époque que date la formation du Quatuor Marsick qui allait rapidement devenir l'un des plus célèbres et des meilleurs de la capitale. Au cours des ans, ses memebres changeront un peu : Martin Pierre Marsick (violon 1), Guillaume Rémy ou Richard Loys (violon 2 ), Louis Van Waefelghem (alto) et Jules Delsart ou André Hekking (violoncelle). Marsick forme aussi quelques quatuors ad hoc, notamment avec Joseph Joachim, son ancien professeur, lorsque celui-ci est de passage à Paris en 1886, ou des trios entre autres avec le célèbre violoncelliste russe Anatole Brandoukoff et le non moins célèbre pianiste Wladimir de Pachmann.

Le répertoire du Quatuor Marsick est des plus interessants. (voir échantillon page "Oeuvres") [...]

Le dernier quart du XIXè siècle, c'est aussi la grande époque des salons de musique dont l'influence est considérable sur le développement de la musique de chambre française. Dommage qu'ils souffrent encore d'une si mauvaise réputation... On peut les répartir en trois grandes catégories : les salons de type aristocratique, ceux de type bourgoies et ceux de type artistique (voir à ce sujet Cécile Tardif, "les salons de musique à Paris sous la Troisième République", mémoire de maîtrise, Montreal, Université de Montréal, 1994, 114 p.)

Marsick les fréquente tous assidûement, mais ce sont ses prestations dans les alons de type artistique qui sont les plus interessantes. On le voit d'abrd chez les Chaminade, des voisins et amis du Vésinet ; puis chez Camille St Saëns ; puis chez le violoncelliste Charles Lebouc, dont le nom a sombré dans l'oubli, mais qui tenait l'un des alons les plus courrus de la capitale ; puis chez le pianiste Louis Diemer, ou il reprendra entre autres pour la seconde et dernière fois du vivant de St Saëns - le Carnaval des animaux, créé en 1886 lors du mardi gras annuel chez Charles Lebouc. On le voit aussi chez les cantatrice Pauline Viardot, dont le salon attire tous les grands noms du milieu musical français ou étranger : Lizt est un habitué, Fauré a été fiancé à l'une des filles de Pauline, Saint-Saëns se dit amoureux de la maitresse des lieux, de même que Tourgueniev, Verdi fréquente aussi le salon de la rue de Douai...

Un billet adressé par cette dernière à Martin Pierre Marsick donne une idée à l'atmosphère qui règne en ce salon. Réunir Tchaïkowski, Brandoukoff, Viardot et Marsick pour un petit concert "sans façon", qui dit mieux ?...

archives BNF

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C'est au cours d'une tournée en Amérique, en 1895-1896, que Martin Pierre Marsick atteint l'apogée de sa carrière de violoniste. Il a déjà fait des tournées, notamment en angleterre et en Russie où il a obtenu un succès considérable. Mais au tournant du siècle, rien ne peut rivaliser avec une tournée dans le Nouveau Monde, à la fois sur le plan des retombées monétaires et de la renomée.

Symphony Hall Archives, San Franciso

"Martin Pierre Marsick et Ignaz Paderewski"

Arrivé en Amérique le 20 octobre 1895, Marsick entame une série de concerts qui l'amène de New York à San Francisco, en passant par Toronto et Montréal. Presque partout le même, le programme (concerto n°4 en ré mineur, de Vieuxtemps ; Cncerto n°3, en ré mineur de Bruch ; Concerto pour violon de Lalo) est acceuili avec enthousiasme, à la fois par le public et par la critique qui sait gré au violoniste de ne pas chercher à attirer l'attention au détriment de la musique. Marsick plaît par sa grande musicalité. A San Francisco, toutefois, il se fait voler la vedette, car cette fois-ci son accompagnateur habituel a été remplacé par un "accompagnateur" plus connu ... Ignaz Paderewski !

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